Ma pêche en camping

Article original | Ecrit par Emmanuelle Bigot

Camping car, simple tente, glamping, van life, caravaning, roulotte,... Les gens ont la bougeotte, envie de voir du pays, de nouveaux horizons, changer d'air. Sur les 8.5 millions d'habitants que compte la Suisse, combien ont pris ou vont prendre la route pour un week-end ou des vacances, entre mai et octobre ? Quelques millions certainement.

Lorsque ce petit monde fréquente les camping, la question de toilettes se règle à peu près facilement. Encore que... Il ne faut pas que le camping surchargé, vous aie placé dans l'annexe réservée aux périodes overbookées, où le premier bloc sanitaire est à 514 m. La nuit ou en cas d'urgence c'est le cauchemar assuré. On rêve alors qu'elles soient libres à l'arrivée. Il y a des solutions pour cela nous les verrons plus loin.

En pleine cambrousse, le long d'un pâturage, la question peut se poser différemment. Quoiqu'il en soit, sur un festival, un camping, ou à l'aventure une partie du rêve est d'avoir des toilettes rien que pour soi. Le COVID nous a appris à devenir plus prudents. Comment faire alors pour faire bien ?

Places de camping

Pendant des années, les toilettes chimiques ont fait référence. Datant de l'ère où le mot "chimique" était égal à magique, on a trouvé normal de déféquer dans un jus bleu qui conserve parfaitement nos étrons : jusqu'à une année, nous avons fait l'expérience ! Et c'est normal, en ne se dégradant pas, elles puent un peu moins Je me suis toujours demandé si ce jus pouvait être une sorte de formol ? Ensuite, il fallait transporter soigneusement la précieuse cassette, dont le contenu valsait à chaque accroc de terrain, vers son lieu de vidange et déverser ce sirop devenu vert et brun dans les bornes Euo-relais prévues à cet effet.

Avec l'avènement de toilettes sèches, la simplicité d'emploi, l'absence d'odeurs nauséabondes a conquis bien du monde. Mais ce seau tout bio n'est pas encore considéré en Suisse et il est souvent difficile de trouver un point de retraitement ou de collecte. Quelque camping y songent mais ne savent pas comment faire : soufflez leur de nous contacter, il existe des composteurs collectifs sécurisés qui permettraient facilement de vous permettre de vider votre seau. De leur côté, ils gagneraient du bon compost pour les bacs à géranium ou les palmiers en pot.

Les plus accrochés à leur confort pourront se bricoler des toilettes à séparation Le pipi pourra être déversée dans la borne Euro-Relais et les crottes, panées dans la litière, dans le pire des cas, pourraient rejoindre les incinérables ou le compost familial si le séjour est court. De telles toilettes se ventilent en principe. Si vous ne pouvez pas les ventiler, une litière très poudreuse (marc de café, tout petits morceaux de charbon de bois, petites aiguilles de pin...) devraient permettre de passer 2-3 jours sans vider le seau.

Camping sauvage

Se poser 2 jours dans une clairière, loin de tout, avec des arbres immenses qui semblent nous protéger de tout ce qui pourrait arriver, est en général encore toléré en Suisse. Avec le nouvel afflux de concitoyens coincés dans ce beau pays de contrastes, la pression environnementale s'accentue : le vacancier est invité à penser chacun de ses gestes pour ne rien abimer, ne rien polluer, respecter le lieu qui l'accueille. Un réflexe qui devrait accompagner chacun de ses voyages à l'étranger également ! Les déjections font partie de ce qui peut polluer si elles sont abandonnées ou enterrées sans réflexion. Une seule crotte peut polluer 50'000 litre d'eau. Si 1 ou 2 millions de crottes étaient lâchées sauvagement chaque jour, on pourrait s'attendre à de bien mauvaises surprises : transmissions de maladies, pollution de nappes phréatiques... Nous sommes nombreux et pour éviter de telles situations, pendant leur processus d'hygiénisation par compostage, nos crottes doivent être confinées.

Vous me répondrez que le long d'un pâturage, 50 vaches paissant paisiblement produisent en quantité de pipi l'équivalent de 200 humains, et lâchent quantité de beuses (bouses pour nos amis français). Oui, sur les volumes, vous avez raison, c'est aussi pourquoi les paysans doivent changer leur troupeaux de champs régulièrement. Sur la nature des déjections, on ne peut pas comparer : nos amies les vaches mangent de l'herbe donc la bouse n'est qu'un résidus d'herbes digérées.

Nos barbecues de cervelas au feu de bois ou le sandwich au jambon, rendent nos crottes plus "complexes", il existe des parasites de l'homme qui rendent les vaches impropres à la consommation si le parasite migre vers elles il faut alors congeler la viande pour pouvoir la vendre. Des crottes lessivées par des pluies peuvent atteindre de l'eau souterraine captée un peu plus bas pour desservir un village. Voilà pourquoi nos crottes ne devraient pas s'échapper dans l'environnement. L'affaire est devenue sérieuse car nous sommes nombreux dans les forêts, les alpages, les sommets, les gorges, les vallons... que faire de nos crottes ? Une petite toilette sèche sur un seau, avec sa couche de copeau au fond permet de passer le week-end. Les plus verts, le mettront à leur retour dans leur compost (qu'il faudra protéger de la pluie), les moins acharnés le mettront - bien emballé - dans leur sac taxé. Oui, en Suisse, nous payons chaque sac poubelle avec une surtaxe, cela permet de bien réfléchir à ce qu'on met dedans ! mettre son pipi dans une poubelle qui va être brûlée revient à brûler de l'eau et le personnel de ramassage des ordures n'est pas préparé à récolter des contenus de toilettes semi-liquides.

Pour les pipis c'est différent, en camping sauvage, il est facile de se choisir un arbre et lui offrir notre meilleur engrais, on l'appelle aussi l'or jaune. Deux jours de pissons vont lui apporter de l'azote. Dans les lieux qui semblent plus fréquentés il vaut mieux choisir les rangées d'arbres suivantes : pour l'arbre c'est la dose qui fait le poison. Plus bas, il est décrit une toilette qui peut bien sûr s'embarquer en camping sauvage.

Festivals

C'est en général le cas de figure idéal pour organiser son petit-coin-chez-soi. Quoi de plus répugnant que de fréquenter des toilettes publiques d'un festival ? Promiscuité, tourista, vomis, restes de nourriture, PQ détrempé ou manquant, festivaliers alcoolisés, rien d'attirant dans ces toilettes là Et n'oublions pas, ce ne sont pas les toilettes qui sot sales, ce sont les gens. Même si votre super festival a pris l'option toilette sèche, le matin ça reste souvent la bérézina. Tout ça pour en revenir à notre lieu d'aisance privatif. Les campings de festival sont en général posés sur des champs loués à des agriculteurs, champs qui seront retournés et ensemencés après les festivités.

Il faut se trouver un abri : 80 x 80 cm devraient tout juste suffire. Il existe des tentes conçues pour cela, leur qualité est souvent médiocre, vous pouvez vous bricoler un mini-tipi, ou un abri de fortune avec un parasol et des paréos (pas super efficace en cas de fort vent). On vous laisse cogiter sur votre pare-vue.

Ils sont venus en vélo chez Biocapi, ont acheté un kit camping et sont repartis avec la toilette sur le porte-bagage arrière.
Nos clients sont incroyables :-))

Pour la toilette, il existe une mini toilette pliable, qui tient dans un sac et dont l'assise est pourvue d'un séparateur d'urine. Avec une petite pelle, il faut creuser une tranchée de 20 cm de profond maximum et y enfouir l'extrémité du tuyau, recouvrir de terre et s'assurer que le tuyau n'arrive pas à un point de passage de festivaliers. votre pipi ira enrichir le champs et vos crottes seront déposées dans le sac compostable qui peut s'accrocher à l'arrière du séparateur d'urine sous l'assise. Vous ajoutez la litière à chaque passage. Pas besoin de ventiler. Si votre festival fétiche est à taille humaine, interpelez le comité pour savoir si le contenu de vos toilettes pourraient rejoindre les déchets verts du festival. Sinon, il faut vous reporter plus haut "camping sauvage... que faire de nos crottes" pour avoir une valoriser ou éliminer votre sac. Ce kit de camping est devenu mon accessoire indispensable en festival, il a faut mettre un écriteau "privé" car les voisins ont tôt fait de guigner dans notre étrange abri et le squatter... pas d'accord !

Le sujet vous interpelle ? Nous vous suggérons la lecture de "Comment chier dans les bois" de Kathleen Meyer qui pose la bonne question des parcs nationaux américains, recevant chaque jour des dizaines de milliers de visiteurs et les questions sanitaires qui se posent avec.

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